• "Enseigner c'est influencer une vie" .... alors soyons vigilants

    Je suis tombée sur cette lettre qui m'a énormément touchée.

    J'ai décidé de la partager avec vous pour que nous gardions à l’esprit que nous travaillons avec des enfants, jeunes, fragiles et que nous pouvons les aider à s'épanouir comme nous pouvons les détruire si nous n'y prenons garde.

    J'ai un enfant TDAh dans ma classe, et même si je suis loin de me comporter comme l'enseignant de cet enfant,
    je me dis que, des fois, je pourrais être ENCORE plus patiente...

    La lettre est ici

    Je vous copie le début puis vous laisse suivre le lien

    * * *

     

    Lettre de Julien à Monsieur José son instituteur

    Monsieur José,

    Après une année passée à vos côtés, j’éprouve le besoin de vous parler de moi, de vider mon petit cœur d’enfant, de tout juste dix ans.

    Aujourd’hui, vous me remettez mon bulletin scolaire, un bulletin de notes acquises au cours d’une année de travail. Oh, je le sais, vous n’êtes pas satisfait de mes résultats…

    Je sais, j’ai parfois été difficile à supporter ; «ma patience a des limites !!! » disiez-vous. Comme je vous comprends ! Combien de zéro, de points d’exclamation avez-vous dû écrire sur mes copies ! Combien de notes à mes parents pour crier votre désolation ou votre impuissance face à tant d’incompétences, tant d’oublis, tant d’incompréhensions !

    Mais qu’auriez-vous fait si un enfant en chaise roulante avait intégré votre classe ? Qu’auriez-vous fait si un malvoyant était venu nous rejoindre ? L’auriez-vous forcé à marcher ou à voir ?

    Seulement, moi, mon problème, c’est que ma maladie est « invisible ».

    Votre leitmotiv a été de ne pas faire de différences. Pourtant, Monsieur José, moi, je suis différent, et c’est un fait ! Sans le vouloir et sans responsabilité aucune !

    Ca me fait penser aux gauchers qu’on obligeait à écrire de la main droite pour ne pas « faire de différence »…

    Savez-vous seulement ce que j’ai enduré durant ces 10 années ? Depuis ma naissance fort prématurée, l’aide des kinés pour m’apprendre à marcher, des logopèdes, psychomotriciens, psychologues, neuropsychologues, neuropédiatres, kinésiologues et j’en passe !

    De docteur en docteur, un diagnostic est enfin tombé : TDA-H. Que de souffrance derrière ces initiales ! Différent, hors norme, inaccepté… c’est ce que je suis devenu.

    La tête sur une autre planète, des maladresses trop fréquentes, des oublis perpétuels, des cahiers non soignés, des colonnes mal tracées, des lettres mal formées… Que de difficultés à surmonter !!!

    à suivre ici

     

    Pour aller plus loin ...
                                             

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  • Commentaires

    15
    Stéph2
    Jeudi 22 Mai 2014 à 20:36

    Merci pour ce rappel Loustic et pour la lettre de ce petit bonhomme (qui a grandi depuis) : j'ai eu les larmes aux yeux face à la souffrance de Julien, mais aussi face à  son courage !


    C'est vrai que nous faisons un métier formidable, passionnante, mais il ne faut pas quitter des yeux le fait que ce sont les premiers pas dans la vie de nos élèves...

    14
    Dimanche 11 Mai 2014 à 18:43

    Merci beaucoup à vous !

    Je ne suis pas Florence mais si j'étais elle, je serais très touchée par votre témoignage ....et votre fils a beaucoup de chance de l'avoir, elle, et de vous avoir, vous !

    Bon courage à vous et votre fils pour la suite de sa scolarité

    13
    lys
    Dimanche 11 Mai 2014 à 18:11

    Bonjour,


    Je viens pour la première fois sur votre site...et je suis tombée sur cette lettre que je n'ai pu m'empêcher de lire...Mon fils aura 10 ans en octobre. Il est dyslexique sévère et dyscaculique. Depuis deux ans, il a la même maîtresse, une femme formidable qui lui accorde bcp de temps. Lui aussi doit prendre des médicaments pour favoriser sa concentration même s'il n'est pas TDAH.


    Il ne sait pas lire et écrire et bien évidemment cela est très chronophage en classe pour sa maîtresse et l'AVS qu'il partage et pourtant c'est un petit garçon très intelligent comme le petit Julien de la lettre..Ils ont bcp de similitudes tous les 2 et nous sommes très vigilants à son bien être et à son bonheur...


    Voilà, je tenais par ce petit témoignage à remercier "Florence" sa maîtresse, elle se reconnaîtra peut être, La direction de l'école et tous les spécialistes qui interviennent auprès de notre fils....mais aussi tous ceux que je ne connais pas et qui par de petites choses en classes, quelques aménagements rendent nos enfant heureux et leur permettent tout simplement de vivre leur vie de petit garçon ou petite fille.


    MERCI.


     

    12
    Vendredi 9 Mai 2014 à 10:01

    Ah ben il me semblait en plus....mais j'ai oublié de vérifier dans un bon vieux dico wink2

    Merci Chari !

    11
    Charivari
    Vendredi 9 Mai 2014 à 07:50
    Alerte coquillette : on écrit vigilant (et non vigilent), cf titre de l'article.
    Bises !
    10
    maria53
    Jeudi 8 Mai 2014 à 22:19
    Euh.....si j'avais lu , tout simplement,avant de poser ma question......oups.........
    9
    maria53
    Jeudi 8 Mai 2014 à 22:07
    Tdah, qu'est ce que ça veut dire? Trouble du......? Encore une abréviation que je ne connais pas.....merci!
    8
    Jeudi 8 Mai 2014 à 16:31

    Un bon rappel...frown merci. 

    7
    sojadi
    Jeudi 8 Mai 2014 à 10:08

    C'est glaçant. Ne pas oublier que la priorité est que les enfants se sentent bien à l'école. A partir de là seulement, le reste est possible.

    6
    Melusine1976
    Mercredi 7 Mai 2014 à 22:12

    Oh la la ça fait froid dans le dos ! Quelle souffrance ! J'en ai des frissons. Il faut toujours penser que pour nous c'est un métier   (passionnant) mais que pour eux, c'est le début de l'apprentissage de la vie. Si le début est raté, le reste va être bien difficile à construire... Pensons à nos enfants qui pourraient vivre toutes ces difficultés!!

    5
    Mercredi 7 Mai 2014 à 21:56

    Oui, je crois qu'on passe tous par ce même chemin....  En tout cas, c'est ce que je ressens en vous lisant !

    Merci beaucoup pour vos témoignages

    4
    Mercredi 7 Mai 2014 à 21:27

    J'ai toujours pensé que remettre les pieds dans une école, revenir dans le monde de l'enfance n'était pas anodin.

    J'en ai fais les frais les 1ères années. Et puis j'ai pris conscience, comme le dit ta prof d'iufm, que mes élèves étaient un peu moi, que je projetais sur eux la petite fille que j'étais.

    Cette semaine , tandis qu'on s'entraînait pour le salut pour la fin du spectacle, quand j'ai dit à Hippolyte (un grand timide)  pas en ligne mais derrière ses camarades " prend ta place Hippolyte, prends ta place, personne ne te la donnera! La scène c'est comme dans la vie il faut prendre sa place!" je me suis rendue compte que je parlais aussi à la timide petite fille que j'ai été, celle rêvait d'âtre une petite souris, celle qui encore aujourd'hui a un peu de mal dans la société des adultes.

    Alors aujourd'hui, non, j'éprouve bcp moins de difficultés à prendre du recul, à ne pas prendre personnellement ce qui vient de mes élèves. Et si je pense bcp à un  élève, si un autre exaspère, j'écris sur mon blog , je prends  le temps de réfléchir à ce que cet enfant est en train de dire de moi, ce qu'il est en train de me révéler de plus secret sur moi-même. Et c'est parfois préférable d'être accompagné sur ce chemin là...

    Le thème de la différence me touche plus particulièrement....

    3
    Mercredi 7 Mai 2014 à 21:26

    Flûte, j'avais écrit un message  d'une dizaine de lignes, un vrai coup de gueule (thérapeutique pour moi) mais j'ai tout effacé... alors juste pour résumer : je conçois mon métier comme donner le plus à ceux qui ont le moins. Ce n'est pas toujours facile car certains parents critiquent et nos supérieurs hiérarchiques abondent dans leur sens. Mais je  tiendrai enfin j'essaierai même si  je n'ai pas la reconnaissance que j'attends ( je suis toujours en psychothérapie  depuis 5 ans et à 75% pour prendre du recul à mes frais). Cette année , j'ai donné le goût de l'école à un élève retiré de sa maman aimante mais sans autorité avec l'aval du père qui ne lui a même pas donné son nom de famille et qui n'a pas pris la garde puisqu'il est au chômage ; bref les éducateurs avec l'aval du père veulent le placer en clis. j'ai demandé à ce qu'il soit vu par le psy (malheureusement très malade et souvent indisponible) mais qui a vu l'enfant et m' a bien confirmé qu'il n'avait pas le profil clis . alors je me battrai pour cet élève et tous les autres aujourd'hui et à venir

    voilà, tout cela pour dire à Julien qu'il ne se décourage pas, tout ce qu'il a appris jusqu'à présent est et lui sera d'une grande richesse.

    2
    Mercredi 7 Mai 2014 à 20:10

    C'est exactement ça ! Apprendre à prendre du recul et à ne pas se sentir attaqué personnellement par ce que font les enfants ! Mais ce n'est pas toujours facile n'est ce pas ?

    Une de mes profs de l'iufm nous disait que les enfants qui nous faisaient réagir  nous renvoyaient forcément à quelque chose que nous avions vécu en tant qu'élève :
    - soit ils nous rappellent ce que nous avons été et que nous voulons oublier (enfant timide, introvertis par exemple)
    - soit ils nous rappellent ce que nous n'avons pas été et que nous avons du mal à accepter /  comprendre (enfant agité...)

     

    1
    Mercredi 7 Mai 2014 à 20:05

    J'ai appris à être plus patiente en me décentrant: la maîtresse ne fait pas tout, elle n'est pas responsable du comportement des enfants  ni  même parfois du refus inflexible d'apprendre de certains . Elle peut influer. Avec bienveillance. Ce que font les enfants ne lui est pas adressé à elle. C'est parfois juste la manifestation d'une souffrance, d'une différence .Ne pas prendre personnellement tout ce que manifestent les élèves m'apporte plus de patience. Ils sont en apprentissage, en construction , c'est à dire qu'ils apprennent à se connaître.

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